Golden Blocks, une course pour l’avenir

Yard - Golden Blocks, une course pour l’avenir

C’est en plein milieu du mois de mai qu’on les a rencontré. Ladji Doucouré, Boro Doucouré, son frère et leur ami d’enfance Matthieu Lahaye, tous les trois encore plein de l’euphorie de l’étape de Golden Blocks à Mantes-la-Jolie. Golden Blocks, c’est le projet qu’ils portent depuis maintenant trois ans, mettant à profit leurs expériences respectives du sport à haut niveau dans une compétition d’athlétisme itinérante réservée au plus jeune de 11 à 16 ans. Autour d’elle, ils ont monté toute une célébration au coeur de la ville, qui s’anime l’espace d’un après-midi autour de leur valeur de l’athlé : le dépassement de soi et des autres.

Le trio a fini de poser ses pistes à Nantes et dans la région parisienne, terminant ainsi les étapes de qualifications de la troisième édition de Golden Blocks. Maintenant, ils se préparent à accueillir les jeunes talents qualifiés pour une finale à Paris.

Mais au-delà de la course, Golden Blocks c’est un état d’esprit, une vision, qui porte l’ambition de donner aux plus jeunes une compréhension plus large des opportunités que peuvent leur donner le sport : de l’ouverture au monde, à l’avenir professionnel.

Photos : @lebougmelo

D’où vient l’idée de Golden Blocks ?

M : L’idée a commencé avec Ladji, après qu’il ait remporté ses championnats du monde. L’idée c’était de dire, moi je suis Ladji Doucouré, je suis champion du monde, mais il y en a plein des champions du monde dans les quartiers. Il y a plein de potentiels. Et on s’est réunis autour de cette idée, Ladji, Boro, moi.

L : Après ce sont aussi des anecdotes qu’on a réunis chacun. Par exemple toi [Matthieu, ndlr] quand tu allais chez ta belle famille et qu’il y avait quelqu’un qui disait « Ah toi tu fais de l’athlé, tu fais du 400, je t’ai vu à la télé. Mais je parie que je te bats sur le parking de la grande borne, de là à la. » Tous les dimanches il avait le droit à un petit défi. Et pour moi c’était la même chose. « T’es sûr que t’es le plus fort ? Bah vas-y on fait la course. » Et toi tu leur réponds, « Bah moi c’est mon boulot, mais pour toi c’est un passe-temps ». Boro a vécu la même chose aussi.
Et tu te rends compte qu’en fait, les gens qui te mettent au défi, ça fait parti de l’athlétisme aussi. Et l’athlétisme de rue, plus ou moins, si on peut le définir comme ça, les gens le pratiquent tous le temps. Et dans la cour de l’école, tu le fais tout le temps. Le premier arrivé au portail etc.
Et on s’est dis, pourquoi ne pas utiliser ce truc-là qui se fait naturellement en fait, et qui perdure au fil des âges. Comme là, où on est adulte et où tu te rends compte que tu fais des trucs de gamins. Cette compétition, cette confrontation, on s’est dit, oui, pourquoi ne pas créer un évènement autour de ça ?

Et le tout premier évènement, comment est-ce que vous l’avez organisé ?

M : A l’arrache ! [rires] Non franchement avec nos moyens. C’est pour ça que Golden est ce qu’il est aujourd’hui, c’est que c’est un ADN. Nos ADN. On l’a fait avec nos moyens, à l’arrache, mais on s’est fait kiffer. Et à partir du moment où, nous organisateurs, on se fait kiffer, on fait plaisir aux autres en face.

L : Et ce qui nous a fait kiffer, c’est aussi quand on a vu les gamins kiffer.

M : Et c’était bon, on était parti. Même avec des galères, des voitures casse-pipes, des crevaisons à Mantes-la-Jolie. Boro il avait les banderoles sur les genoux, c’était chaud. Mais c’était bien. On a aussi été soutenu par la ville de Grigny, qui nous a dit allez-y on va essayer, c’est un laboratoire. Votre truc ça à l’air cool. On va vous donner un peu de moyens, un territoire et faites.

Cette expérience vient surtout de votre expérience de l’athlé. Comment vous définissez cette discipline, avec vos propres termes ?

M : Il y a athlé et athlé. Il y a notre athlé et l’athlé.

C’est quoi la différence ?

M : Il y a le running où il faut suivre tel entrainement et tel régime, faire des fractionnés etc. Le truc un peu relou. Et il y a le running que tu kiffes.

L : Où tu trouves le surpassement de soi, où tu as de la compétition au-delà de la performance. Dans le sens où tu te dis je bats mon adversaire, ou je bats telle chose, je vais au bout de mon projet perso. On voit de plus en plus de gens qui marquent le résultat de leurs courses sur internet, sur Facebook. Ils se font leur compétition à eux et ils se disent, le copain il a fait la même chose.
Donc t’as ce genre de compétition, où tu montres ce que tu es capable de faire et tu as la performance pure où les gens se disent, j’ai fait tel ou tel chrono.

Où on bats des records etc.

M : Oui c’est ça. et pour nous ce sont deux mondes différents.

L : C’est bien à voir, mais voilà. C’est pour ça qu’on s’est dit pourquoi ne pas seulement faire des duels. Peu importe le chrono que tu as fait, on veut voir si tu es plus fort que lui. La base de Golden Blocks, c’est du show. Tu termines ta course en célébrant comme les footballeurs américains. Ça on le fait même avec des adultes et on se rend compte que c’est du show oui.


C’est pour ça que votre grand credo, c’est «montre que tu es le plus fort» ?

M : C’est ça. Et c’est pour ça que tu as deux running différents. Nous, on est plus issus du sprint et du show. Tu as le triple saut, le saut en longueur, où c’est un show. Tu montres ce que t’es, tu montres ce que tu fais. Et tu as le running un peu plus traditionnel où tu vas faire ton footing le dimanche, et après tu vas faire un 10km, un 20k, un marathon… C’est en ça que c’est différent.


Et les deux peuvent co-exister ?

L : Ça dépend de l’état d’esprit du gars. Ca pourrait.

M : Bien sûr que ça peut.

B :
C’est un état d’esprit. Une question d’approche.

M : Ça ne veut rien dire. Il y a peut-être un mec qui va venir au Golden Blocks, il ne fera peut-être pas du sprint, il va peut-être faire des marathons, mais il aura capté l’énergie et il va le retranscrire dans une performance qui sera autre. Mais il y a cette notion de… Je suis contre Boro, donc vas-y je vais me friter contre Boro, je veux le taper. Bah ça va être pareil sur un 1500.

Vous avez parlé de la notion de show et sur l’évènement, vous y avez attaché pas mal de choses. Du double-dutch…

Tous : Du BMX…


Du BMX ?

B : Oui on a le champion du monde de BMX.

L : Et il y a de la musique urbaine.

Nous ça nous amusait c’était cool, mais en fait c’est important pour les jeunes, et il ne faut pas le sous-estimer

Comment vous avez fait ces choix ?

M : Parce qu’on kiffe ! C’est tout.

B : Par exemple tous le monde en a fait du BMX. Et la corde à sauter, tout le monde en a fait, même les mecs. C’est ça en fait.

L : T’en a toujours un qui fait du vélo, en se disant, vas-y moi je fais des roues. Et on s’est rendu compte que ça rentrait aussi dans cet esprit de défi. Donc des gars qui font du BMX on en a pas mal. Ils font des initiations sur le côté pour leur apprendre à faire des choses. Au départ, on se demande pourquoi, mais au final il y a plein de gamins qui passent avec des vélos et qui lèvent.

M : Et on structure le truc. S’il y en a qui courent, on structure avec Golden Blocks, s’il y en a qui cabrent, l’activité BMX elle est structurée. S’il y en a qui font de la corde, il y a une discipline pour ça. S’il y en a qui kickent au micro…

L : Et comment tu rebondis et comment tu es coordonné à la corde, ça peut aussi nous intéresser, en nous disant, « t’imagines, il fait du saut en longueur lui ? » Mais sur le noyau on se dit, lui il a un potentiel pourtant il est tout petit, il est dynamique.

B : Après sur le chemin on est tombé cette année sur un groupe d’afrodance et on a vu que le public réagissait assez bien. Et c’est logique, parce que c’est une sonorité d’aujourd’hui : MHD et autres. C’est l’afrobeat et tout.

M : C’est aussi une façon d’intéresser les gamins, loin de l’athlétisme traditionnel qu’ils apprennent à l’école. Le gars va se dire : « Ah il y a du BMX, j’ai envie d’aller voir. » Et il y a aussi la compétition, donc il vont faire le truc. C’est juste ça : casser les codes existant et reconstruire avec leurs codes à eux, qui sont aussi nos codes, parce que c’est ce qu’on a kiffé quand on était gamin.

Ensuite je voulais parler de la transmission : la transmission d’une discipline, de ses valeurs. Comment est-ce que vous le mettez en avant ?

L : Au départ on sait que c’est toujours difficile, que les gamins se cachent. Ils commencent par l’échauffement, ils écoutent le coach qui est là. Il n’y a pas forcément tout le monde qui veut se prêter au jeu. On pousse à ce que les mecs et les filles cohabitent sur ce village. Donc souvent à cet âge-là t’as les filles et les garçons d’un côté, là ils s’échauffent ensemble. Il y a – selon les villes – initiation de danse, pour que déjà ils se lâchent. On leur demande de se serrer la main pour le respect de l’adversaire, avant et après les run. Et dès les premiers run, où ils sont passé, on passe sur un petit show de danse ou de BMX, et puis ils reviennent et ils se disent : « Ah j’ai couru contre lui, il vient d’un autre collège je le connais pas. » Et au final ils passent une bonne journée, c’est bien. Avec la musique, les speakers, les profs et tout… ils se disent « A côté de moi c’est mon semblable. » On essaie d’apporter autre chose autour de cette manifestation, en disant, voilà, t’arrives dans un endroit, tu ne connaissais personne, tu n’avais pas envie de le faire, et aujourd’hui, tu n’as même pas envie de retourner à l’école.
Et on sait que c’est très peu dans l’investissement, mais c’est important pour eux. Et ils sont tous habillés pareil, donc on leur donne un t-shirt, peu importe les chaussures, ça met tout le monde sur un même pied d’égalité direct.

Donc concrètement comment ça se passe ?

M : Une journée Golden Blocks, ça commence tôt le matin. Parce qu’on installe. On tire des barrières, on met des banderoles, on créé un vrai décors tout autour de la manifestation. Après à 13h on commence à ouvrir les inscriptions jusqu’à 14h.

Il n’y a pas de critères ?

M : Si, l’âge.

B : 11-16 ans.

M : Mais après t’entendais quoi par critère ?

Il n’y a pas de sélection sur la performance par exemple ?

L : Non non.

B : Tu t’inscrits même d’une manière spontanée.

L : Et il faut que tu ailles au bout. Il y a des gens des fois, il s’arrêtent en pleine course et il disent « Oh mais il va trop vite. » et là il y a le public qui pousse « Allez, allez jusqu’au bout. »

B : Tu as vu ! Ils font tous ça. Il y en a un qui s’est arrêté, ils ont crié « Non ».

L : Et à toutes les étapes, il y a des personnes à mobilité réduite qui courent aussi. Et qui vont au bout et qui jouent le jeu à fond. Et tout le monde est là pour les soutenir.

M : Parce que ce n’est même pas l’aspect performance qui compte. Il n’apparaît qu’à la finale, voir demi-finale. Mais sinon ils s’en moquent. Ils courent contre un pote, même si quelqu’un sait qu’il va se faire frapper, il veut aussi participer au truc. Et ils sont mis en lumière. Mais c’est dur. Ça en tant qu’organisateur on l’oublie. Mais en fonction des points de vus, tu vois en chambre d’appel ou au départ, tu te rends compte que c’est autre chose. Parce que le gamin il est sur la piste et c’est son moment. Qu’il soit premier ou dernier, il est au milieu. Peut-être qu’il y a une photo et il est acteur. Ça c’est hyper important. Et il faut qu’on lui fasse sentir qu’il fait parti de la programmation. Et le speaker, même le dernier, il va l’interviewer.

L : Et je ne sais pas si tu as vu, deux filles qui étaient en retard hier. Elles ne voulaient pas courir, elles étaient cachées derrière la tente. « Non moi je cours pas. » Ouais mais, attend vous avez joué le jeu, il faut courir. « Non mais je veux pas, je veux pas. » Sa copine lui dis, bon on le fait et après c’est fini. Juste le run et c’est fini. Elles ont couru. L’autre elle s’est qualifié et elle a dit, « Ah mais on re-cours quand ?  Non mais en fait c’est trop bien, il y a toute ma classe qui m’a regardé. Je reviens quand ? » Tu dis : « Ah bah tout à l’heure. »

Vous avez beaucoup de bons retours sur cet évènement.

M : On n’a que des bons retours.

L : Et pourtant même si c’est super ludique la course, au final tu te rend compte que c’est la façon dont tu l’utilises qui est importante.

M : On en est à 15h15 : coaching. 15h15 c’est important parce que c’est l‘échauffement on le fait sur la scène avec le coach, toujours en musique, sur de la trap ou peu importe, mais des sons que les gamins kiffent. Il fait un coaching de 10 minutes, et en général t’as 90% des gamins qui participent, c’est pas mal. Franchement je misais sur dix gamins au début.
Après c’est le snap, c’est super important, ça leur fait un souvenir.

B : On fait le cri de guerre de chaque département c’est ça la différence aussi.

M : Ensuite on fait une cérémonie d’ouverture. On ne va pas commencer la compétition tout de suite. Ça nous permet de récupérer les gamins en question. Au départ les filles 11-13ans et en attendant on fait un show. C’est à dire qu’on demande leur demande de danser, ou de faire du double-dutch, l’un des trois shows, en cérémonie d’ouverture. Là, on fait les qualifications. On coupe avec un autre show. En général on a trois shows : soit double dutch, soit BMX, soit danse etc.
Arrivé jusqu’à la finale on met en place le dernier show de danse, obligatoire. On récupère les gamins, on leur demande leurs sons préférés. Pour te matérialiser le truc, ils partent de la scène qui est en bout de piste, avec le DJ et le speaker. Le départ à l’autre bout. Le gamin au lieu de partir du départ, il part de la scène. Il met son son et il remonte, et il tape dans les mains de ses potes en remontant jusqu’à la ligne de départ. Ensuite finale, victoire, remise des casquettes et showcase.

Et ça fini vers quelle heure ?

M : 18h. 18h30.. 19h… en fonction des showcases.

C’est quoi votre meilleur souvenir de Golden Blocks ?

M : Je suis sûr que Boro va dire pareil que moi, mais en fonction des personnalités ça dépend. C’est à dire que Boro et moi on est sur des trucs un peu mélancolique [rires]. Mais en fait, à la finale de la première année….

B : Voilà c’est ça que j’allais dire !

L : C’est quoi ce truc ?

M : Mais Ladji lui aussi…

B : Sois humain. À la première finale, sur les quais de seine, on a été pris de cours.

L : Vous avez fais quoi ?

M : La fille elle a pleuré. J’avais envie de pleurer avec elle.

L : Arrête !

M : Elle a gagné et elle s’est mise à pleurer et on s’est rendu compte que c’était important pour elle.

B : Il y avait le père.

M : Pour nous c’était un jeu, on s’amusait, on était dans l’ambiance.

L : Sisi je me souviens, mais j’étais pas venu.

B : Moi je me suis dis, j’y vais pas, je vais pleurer sinon.

M : Oui il a dit j’y vais pas sinon je vais pleurer. J’ai dis moi aussi. On s’est dis c’est bon vas-y on la laisse là. On disait : « Ladji, vas-y, va lui parler! »

L : Moi j’étais au départ.

T’as pas vécu le même moment.

L : Non je ne l’ai pas vécu comme ça. Vous, vous étiez à l’arrivée donc vous avez vécu le truc différemment. Moi je l’ai vu partir, je leur disais : « C’est votre moment, profitez, kiffez c’est la dernière. » Mais à l’arrivée je n’ai pas vu.

M : Ouais toi c’est le côté dynamique : on se surpasse on se déchire. Et nous on récupère les paquets. C’est là que tu te rends compte de ce que tu fais. Nous ça nous amusait c’était cool, mais en fait c’est important pour les jeunes, et il ne faut pas le sous-estimer. On ne leur met pas de la poudre au yeux. Il faut qu’il y ait un suivi.

L : Moi mon souvenir c’est la Tour Eiffel.

M : [À Boro] Ah bah tu vois il est comme nous en fait.

L : À un moment, on marchait et quelqu’un a dit : « Ah c’est la Tour Eiffel » et tout le monde dis « Ah oui, c’est la Tour Eiffel ! La Tour Eiffel, c’est la première fois ! » Et t’entends pleins de « c’est la première fois » et tu te dis, « mais vous venez de Paris non ? » Ouais mais non. Et du coup si tu veux, là c’est plus d’un point de vue personnel, on s’est tous dis la même chose : « Ah ouais, c’est pour ça qu’on a continué à faire de l’athlétisme. » C’est parce qu’en fait, on voyageait ; On a vu plein de trucs culturels, qu’on voyait dans les livres.

C’est pour ça que vous organisez vos finales à Paris ?

Tous : Oui.

Dans cette tranche d’âge-là, ils n’ont pas forcément d’accès à ces endroits-là.

L : C’est vrai. Et si en plus on fait Nantes, Tours, tout ça.. Ca donne aux autres l’envie de rester dans ce sport-là. Même si c’est vrai qu’il faut courir. Parce qu’à la base c’était ça. Nous on voulait reprendre les compétitions, pour prendre le bus et sortir. La performance, ça venait derrière, parce qu’on faisait ce sport-là. Mais à la base c’était pour passer un moment avec les gars.

M : C’était pour se charrier à l’entraînement ou pour voyager.

Du coup là, ça a pris beaucoup plus d’ampleur, ça dépasse les limites de la région parisienne. Vous voulez aller où après ça ?

M : Presque partout. Aujourd’hui ce qui est acté, c’est Bordeaux, Nantes, Amiens, Tours. Il y a Poitiers qui est en train de se mettre sur le coup, il y a Marseille qui demande, il y a Grenoble et Roubaix qui demandent. Et en fait ça va dépendre de l’énergie qu’il y a en face.

L : Le faire pour le faire, ça ne nous intéresse pas.

M : Nous on veut que ce soit bien fait.

L : Parce qu’on l’a déjà fait pour le faire, pour avoir un modèle d’évènement. Comme il le disait ça fait deux ans, qu’on a fait pour faire. Il y a des dates qu’on a faite où il n’y avait pas beaucoup de gamins.

M : On a été instrumentalisé, parce qu’il ne faut pas se le cacher, il y a Ladji derrière. Et pour une ville dire que Ladji fait un évènement c’est cool. Mais Ladji n’est pas là pour être utilisé c’est qu’il y a un vrai projet derrière. Un projet d’excellence sportive et un projet social aussi.

Et d’ailleurs c’est quoi vos ambitions avec ce projet ?

M : Ah ça va loin. Ca va trop loin ! En fait on ouvre en septembre, une académie Golden Blocks à Grigny. En fait à partir de nos parcours : bah Ladji il est double champion du monde, c’est un titre qui reste. Comme multi champion d’Europe, multi champion de France. Moi j’ai fais des sélections de l’équipe de France, je n’aurais jamais pu être champion d’Europe, champion du Monde. On le sait, c’est comme ça. Boro, bah il n’a pas pu percer à haut niveau. Et dans nos parcours, Boro, parce qu’il kiffe le sport, il s’intéresse au management de sportif, sans forcément faire le cursus scolaire. Il a appris. Moi, bah, j’ai pas fait toutes les études demandées, j’ai pas eu tous les pré-requis parce que je courrais, et je me suis intéressé à l’évènementiel sportif. Et aujourd’hui je suis à côté de gars qui ont bac+5 et c’est normal, parce que j’ai appris, parce que je kiffais le sport. Donc on s’est dit, on les tient via le sport.
Ils ne seront pas tous champion du monde, on va les intéresser au métier du journalisme sportif, de l’évènementiel sportif, du management et ainsi de suite

L : Kiné, masseur…Tout ce qu’il y a autour du sport.

M : Parce que le principe du collège c’est : t’as combien de moyenne ? Ok BEP machin. Oui mais en fait, j’ai pas choisi. Ouais mais BEP, parce que… Mais nous on va t’intéresser, tu vas voir que tu peux y arriver, parce que tu kiffes en fait. Donc il y a ça : l’académie, qu’on aimerait développer un peu partout.

Mais du coup dans ces académies, comment est-ce que vous voulez leur faire découvrir tout ces domaines ?

L : Par des interventions. Il y a des moments où on s’entraîne avec le club.

M : Et un moment où on rencontre des intervenants. Ils auront un planning d’entraînement validé par Ladji, ce qui n’est pas neutre. Il a un parcours, il connait tous les rouages. Il sait comment ça se passe. C’est une vraie plus value pour les gamins. Et on est persuadé qu’il y a des gars qui vont très vite, partout en France. Pour en développer plusieurs, on verra après. Et à terme, c’est la marque Golden Blocks.

Ça commence déjà avec le merch etc.

M : Oui en partenariat avec Nike. Mais au moins ça donne une légitimité. Et après dans notre imaginaire c’était – on était ambitieux – année 1, Golden Blocks athlétisme, sprint : année 2 Golden Blocks BMX, année 3 Golden Blocks Basket.
Et en fait Golden Blocks représente les talents urbains dans les quartiers, l’état d’esprit, mais là on va loin…

B : Il faut qu’on commence la tournée déjà.

M : Là on n’est même pas allé à Alfortville encore.

L : En gros on voit loin parce qu’il faut être ambitieux, mais il faut rester dans son temps. Pour l’instant on fait la tournée et on programme la finale. Par rapport à l’énergie, on s’entend. Mais on sait où on veut aller, parce que…

Vous avez une vision.

L : Oui et comme il le disait faire ce tournoi de basket au bout de 10 ans, bah ouais, tous le monde vient le voir, mais qu’est-ce qu’il en sort. Il y a un gros show, du monde qui est venu voir plein de bonnes choses. Mais nous on n’est pas sur le même public, on est sur les plus jeunes. Et on veut leur dire grâce au sport, voici ce que vous pouvez être.
Après on n’est pas conseiller d’orientation, mais c’est intéressant, parce qu’au collège, on dit toujours que le sport ce n’est pas important, mais en fait regarde où est-ce que ça peut t’amener.