Boo Johnson : « C’est le plus naturel sur sa board qui se fera un nom »

À l’heure où le skate devient un style de vie qui séduit de plus en plus de personnes, Supra vient tout juste de dévoiler sa nouvelle vidéo “Résidency in NYC”. Boo Johnson, un des skateurs phare de la marque californienne était de passage dans la capitale dans le cadre de la promotion de la vidéo et de sa nouvelle paire, la Supra Chino. L’occasion pour YARD d’aller à sa rencontre pour discuter de sa carrière, sa vie de skateur professionnel ainsi que de sa marque JHF. 

 

Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Boo Johnson. J’ai grandi à Tehachapi en Californie mais j’habite actuellement à Long Beach. Cela fait maintenant 4 ou 5 ans que je suis à Long Beach et je m’y plais beaucoup. Je suis un enfant de la Californie. J’ai vécu dans les déserts, dans les vallées et maintenant près de la mer. J’ai commencé le skate à l’âge de 11 ans et je n’ai jamais arrêté depuis, j’adore ça. Je profite juste de ma vie de skateur professionnel. Je voyage à travers le monde avec mes amis et profite de chaque instant.

 

Comment t’es-tu fait repérer par Supra ?

Avant d’être sponsorisé par Supra, je traînais pas mal avec l’équipe de Krew Denim. J’avais probablement 15 ou 16 ans et je recevais donc des vêtements de Krew. Étant donné que Krew et Supra sont deux marques affiliées l’une à l’autre j’ai été repéré assez vite par Supra. Quelques mois après mes débuts avec Krew, Dennis Martins, le directeur marketing de Supra, m’a contacté et m’a dit qu’il voulait me sponsoriser. Je recevais régulièrement des cartons de vêtements, chaussures, stickers Supra. Petit à petit, je me suis fait une place au sein de leur skate team et je ne les ai jamais quittés depuis.

 

Quelle différence as-tu pu constater entre le skateboard amateur et professionnel ?

Pour être honnête, du point de vue du skate, c’est la même chose. Tu continues à aller dans différents skateparks, à chercher de nouveaux spots et à skater tout ce que tu peux. Les gens font preuve de plus de reconnaissance mais je suis toujours le même sur mon skate. En étant pro, tu deviens forcément un peu plus occupé. Tu dois répondre à des interviews pour des médias, poser lors de séances photos pour les marques, animer des concours, faire des démos… Toutes ces petites choses ne me dérangent pas, j’en ai toujours rêvé quand j’étais plus petit donc je ne vais pas m’en plaindre.

 

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Tu viens juste de lancer ta propre marque de casquette JHF. Comment t’es venue cette idée ?

JHF est le diminutif de Just Have Fun. C’est le crew avec lequel j’ai grandi et skaté dans ma ville natale. Mon ami Ryan m’avait proposé, il y a longtemps, l’idée de lancer une marque. Il m’a parlé de son concept au moment où je commençais le skate lorsque j’ai vraiment aimer ce style de vie. Des années plus tard, une fois l’expérience acquise, on a voulu concrétiser ce projet mais ça n’a pas toujours été facile. Avec JHF, on voulait apporter quelque chose de nouveau sur la scène skate internationale, partager de bons moments entre amis et surtout dégager des ondes positives.

 

Pourquoi avez-vous eu du mal à lancer cette marque au départ ?

Nous sommes allés voir des investisseurs pour tenter de booster le projet mais aucun d’entre eux n’a voulu placer de l’argent dans JHF. Ils ne nous faisaient pas confiance. Ils ont vu un groupe de skateurs leur proposer quelque chose de sérieux, mais ils n’ont pas réalisé le potentiel du mouvement que nous nous apprêtions à lancer. Malgré tout, nous n’avons pas baissé les bras et on a réussi notre pari.

 

Quels ambitions as-tu pour JHF ? Tu vas probablement essayer d’élargir la liste de produits proposés avec des pulls, t-shirts…

Pour l’instant je me concentre sur les casquettes, il ne faut pas se disperser. Mais oui effectivement j’ai déjà pensé à cette possibilité, dans la vie tu ne sais jamais ce qui peut se passer. Ce n’est que le début, JHF est une marque récente. Pour l’instant nous observons comment les gens réagissent, s’ils ont remarqué des défauts, s’il y a des choses à améliorer… Et si les gens apprécient ce qu’on fait on commencera alors à penser aux vêtements que l’on pourrait sortir.

 

Chaque marque de skate à son équipe, qui est dans la tienne ?

Tout le monde ! Le but de cette marque est de rassembler tous les skateurs, ou tout simplement toutes les personnes qui aiment ce que l’on fait, pour partager un bon moment. “Just having fun…”

 

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Beaucoup de skateur déménagent en Californie pour tenter de lancer leur carrière. Peut-on dire que c’est la meilleure ville pour skater aux États-Unis.

Je ne sais pas parce qu’il y a tout de même des villes où la culture skate est toute aussi impressionnante. Au delà des États-Unis, à Barcelone on trouve des spots à chaque coins de rue. En revanche, si tu veux travailler dans l’industrie du skate, la Californie est incontournable. C’est là où il y a toutes les grandes marques, là où beaucoup de skateurs professionnels habitent…

 

Avec tous les skateurs qui y vivent ça doit être plus difficile de se faire remarquer que dans d’autres États…

Oui ce n’est pas facile. De nos jours, tout le monde veut devenir célèbre ou sortir du lot, d’autant plus que l’industrie du skate se développe et attire de plus en plus l’attention du grand public. Du coup, on commence à voir beaucoup de skateurs qui rident de la même façon. Celui qui arrivera à se faire un nom est celui qui sera le plus naturel aussi bien sur sa board que dans la vie de tous les jours. En général, il ne faut pas forcer les choses, si tu restes naturel et que tu skates comme tu l’as toujours fait, les sponsors viendront à toi.

 

Tu es un ami de quelques rappeurs résidant à Los Angeles dont Joey Fatts ou encore Vince Staples. Comment as-tu rencontré ces artistes ?

À vrai dire je ne dirais pas que je suis un “ami” de Vince Staples. On a juste des amis en communs dont Johnny Hash qui traîne avec pas mal de rappeurs et beatmakers. En ce qui concerne Joey Fatts, je le connais parce qu’il habite à Long Beach tout comme moi. C’est mon frère de Long Beach.

 

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Beaucoup de skateurs se mettent à rapper : Black Dave, Tyshawn Jones, Nakel Smith… Quels sont les points communs entre le skate et le rap d’après toi ?

Ils essaient juste de raconter notre vie quotidienne c’est tout. Ce sont deux univers très proches dans le style de vie. On s’amuse, on vit le moment présent et j’adore ça. De nos jours, tu peux faire de l’argent en faisant différentes activités donc pourquoi s’en empêcher. Je supporte Tyshawn et les autres qui se lancent dans le rap. Quand je les vois travailler sur leurs mixtapes et autres projets je ne peux que les encourager.

 

Si tu devais commencer une carrière dans le rap quel serait le nom de ta première mixtape ?

Je ne sais pas trop, je peux pas te répondre comme ça, il faut que j’y réfléchisse un minimum donc pour l’instant je vais te dire : YungBooboo (rires, ndlr).

 

 

Photos : @booxsfilms

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