OG Maco : « À Ferguson, on jouait ma musique pendant les manifestations »

En marge d’un premier show parisien donné à la Machine du Moulin Rouge, OG Maco a pris le temps de s’installer aux côtés de YARD dans l’un des multiples bars environnant le quartier. L’occasion pour le jeune artiste de revenir sur « U Guessed It », le hit qui lui a permis de se révéler à la fin de l’année 2014, mais aussi d’évoquer entre autres son goût pour le rock ainsi que la situation actuelle des Noirs aux Etats-Unis.

Photos : @lebougmelo

Au tout début de l’année, tu as sorti ta dernière mixtape, Lord Of Rage. Quels ont été les retours sur ce projet ?

Pour tout te dire, c’est assez incroyable. Depuis que Lord Of Rage est sorti, j’ai probablement fait deux ou trois concerts, pas plus. J’en ai fait un à Los Angeles, et même si je sais que beaucoup de gens me soutiennent là-bas, je n’étais pas vraiment sûr qu’ils allaient connaître les nouveaux sons en arrivant sur scène. Et finalement, dès le moment où le beat de « Sound Of Trumpet » a retenti, avec les cors et tout, le public est devenu complètement fou. Depuis, c’est pareil un peu partout. Hier encore, j’étais à Bordeaux, et une fois sur scène, il n’y avait pas un seul morceau qu’ils ne connaissaient pas. Donc je pense que j’ai de quoi en être fier.

Peux-tu nous raconter la genèse de ce projet ?

Si tu prends le temps de regarder ma carrière jusqu’à maintenant : il y a des sons comme « U Guessed It », qui est une sorte de rage maniaque, quelque chose de plus commun, des sons comme « FUCKEMX3 » où j’extériorise toute cette rage, puis il y a d’autres sons comme « Unleash The Kraken » ou « Mirror Mirror » qui constituent une extension de cet état d’esprit quelque peu anarchiste. Dans Lord Of Rage, on voulait se focaliser un peu sur un aspect. Je sors beaucoup de musique, j’ai certains titres qui sonnent presque comme de la pop, mais mes vrais fans, ils veulent la rock star qui est en moi. Donc on s’est essentiellement concentré sur l’envie de faire ressortir cet aspect de ma personnalité, tout le reste était secondaire. C’est ainsi que Lord Of Rage a été conçu.

Tu as explosé en 2014 avec « U Guessed It », un titre que tu as décris comme « le truc le plus stupide que tu n’aies jamais fait ». Qu’est-ce qui t’a initialement poussé à le sortir malgré tout ?

Parce que parfois, il ne s’agit pas de faire ce que tu veux faire, mais de faire ce que tu dois faire. Autour de moi, il y a beaucoup de gens qui rappent depuis 5 ou 6 ans mais qui ne parviennent pas à sortir d’Atlanta, ils sont là, bloqués. Et même si Atlanta est une grande ville, je savais que j’étais voué à accomplir quelque chose de plus grand encore. J’avais un million de manières d’atteindre mon but, mais je savais aussi que le moyen plus simple pour être un artiste respecté, c’était de faire un hit, quel qu’il soit. Même si je n’en avais pas forcément envie, je n’avais aucun doute sur ma capacité à le faire donc je l’ai fait.

« En réalité, j’étais déjà chaud avant ‘U Guessed It’, les gens n’étaient simplement pas en mesure de le comprendre donc je me suis abaissé à leur niveau. »

À un moment tu ne t’es pas dit que tu allais perdre le lien que tu avais construit avec le public qui te suivait ?

C’est exactement ce que j’ai pensé. Je n’ai jamais eu de doutes sur la musique que je faisais. J’écoute la musique au moins autant que je l’étudie et je sais qu’aujourd’hui, tout ce que le public veut c’est des hits. Parfois, j’ai juste envie de leur dire : « Merde, regardez ce qu’est devenu la musique. » Mais d’un autre côté, quand tu as besoin de faire de l’argent, tu te dois de donner au public ce qu’il attend, ou au moins ce dont il a besoin.

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On te sent tout de même déçu par rapport au public.

Carrément. Mais en réalité, j’ai surtout été déçu quand « U Guessed It » est sorti, parce qu’il était initialement sur Give Em Hell, une mixtape sur laquelle il y avait de biens meilleurs sons. Et pourtant, au cours de certains de mes concerts, beaucoup de gens ne voulaient entendre que  « U Guessed It », malgré le qu’il y ait pleins d’autres morceaux sortis avant ça. Pendant un moment, j’ai eu l’impression que j’allais rester « le mec qui a fait « U Guessed It » ». Même si la manière dont tout s’est déroulé m’a permis de monter plus vite que prévu, le public a complètement zappé le projet qui est resté réduit à ce morceau. Cette obsession autour d’un seul titre enlève quelque peu l’âme du travail qui a été effectué sur Give Em Hell.

Après, il faut que ce soit bien clair : le son en soit ne m’a pas dégoûté. Suite à ça, je suis arrivé avec d’autres projets, tel que Live Life 2 qui m’a carrément fait atterrir sur Rolling Stones. Et il n’y avait pas tant de Noirs que ça sur Rolling Stones à ce moment-là, il me semble que le seul autre Noir qui y était c’était Drake, qui a sorti sa mixtape quelques jours après la mienne. Je pense que c’est à ce moment-là que les gens ont réellement commencé à adhérer à mon univers et à se dire que « U Guessed It » n’était rien à côté de ce que je pouvais faire.

Justement, dans la foulée tu avais également sorti un projet qui s’appelait I Made This Shit Before U Guessed It. C’était un moyen de dire explicitement aux auditeurs que tu faisais déjà fait mieux avant ?

Oui, c’est exactement ça. Ce projet c’était juste une compilation hasardeuse de sons que je travaillais dans mon salon à la même période que « U Guessed It ». Les gens devaient se dire que je faisais pleins de conneries à cette époque et que « U Guessed It » en était juste une parmi tant d’autres, mais en réalité, je bossais sur un album que je produisais moi-même et qui était carrément bon. Entre temps, l’album en question s’est perdu, mais je voulais tout de même que les gens comprennent que « U Guessed It » était un son incroyablement banal et que je ne suis pas devenu chaud grâce à ça. En réalité, j’étais déjà chaud, les gens n’étaient simplement pas en mesure de le comprendre donc je me suis abaissé à leur niveau. C’est un peu le problème du public, il préfère quand les artistes se mettent à leur niveau plutôt que d’apprécier ce qu’ils sont réellement capables de faire.

En écoutant ta musique, j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de très bestial dans ta manière d’interpréter tes titres. D’où est-ce que ça te vient ?

Ça vient de mon environnement, de l’endroit où je vis. Tu sais, ça ne fait pas si longtemps que je suis une « star du rap ». Beaucoup de mes amis font de la musique depuis longtemps et ils sont toujours dedans sans forcément avoir cette chance. Aujourd’hui je rencontre un certain succès… Merde, je suis à Paris quoi, j’ai toutes les raisons du monde d’être complètement excité et heureux de ce qui m’arrive. Mais d’un autre côté, je sais que quand je vais quitter Paris, je vais rentrer chez moi. Et là, je verrais peut-être quelqu’un se faire tuer au coin de la rue. C’est comme ça que les choses se passent. Mais justement, je ne laisse jamais la haine que ce monde attise en moi obstruer ma vision des choses, au contraire je m’en sers. C’est précisément ça la « rage » qui est au centre de mon œuvre, j’ai envie de faire bouger les choses. J’en ai le pouvoir aujourd’hui.

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J’ai également appris que tu avais été membre d’un groupe de hard rock avant de faire du rap. Pourquoi avoir changé de genre ?

Avec quelques amis, dont mon actuel ingénieur du son, j’avais commencé à produire sur Reason 2.5 (un logiciel de composition, ndlr) un peu avant qu’il y ait cette période où tout le monde s’est mis à la production. Sauf que la plupart de mes potes étaient bien meilleurs compositeurs que moi, donc je leur ai dit : « Vous savez quoi ? Je ferai mieux d’être rappeur. » Puis le rap m’a quelque peu saoulé, donc j’ai arrêté d’en écouter pendant plusieurs années. Pendant ce temps, moi et mes potes avons décidé de créer un groupe, qu’on a appelé Dr. Doctor. On avait un guitariste de génie, talentueux au point de jouer de la guitare à 7 cordes aujourd’hui, mais il était un peu là pour sauver l’honneur. Le groupe s’est logiquement cassé la gueule quand il est parti. À cette époque, plutôt que de reprendre le rap, je me suis plutôt dit que j’allais essayer de faire de l’argent, mais malgré tout, je continuais à rapper seul de mon côté, à enregistrer, à freestyler. Et au bout d’un certain temps j’ai fini par prendre tout ça au sérieux.

Avec des rappeurs comme Travi$ Scott, Rome Fortune ou encore iLoveMakonnen, tu fais partie d’une nouvelle génération d’artistes dont l’image ne correspond pas forcément aux standards du hip-hop. D’après toi, qu’est-ce que cela apporte au mouvement ?

Pour commencer, j’estime qu’il y a deux types de personnes qui font ce que nous faisons. Il y a d’abord ceux qui sont réellement à l’origine d’un style ou d’un mouvement, et puis ceux qui l’ont adopté après qu’il ne soit popularisé et qui donnent l’impression d’en être à l’origine. Tu peux vouloir être en accord avec la culture, mais avant tout tu te dois d’être toi-même. Personnellement, je ne dirais pas que je ressemble à personne d’autre, mais la manière dont je me comporte et m’habille est le reflet de la manière dont je vis. C’est ce qui différencie les gens. Aujourd’hui, beaucoup de personnes ne savent pas réellement exprimer leur personnalité, du coup ils vont essayer de se donner une image pour finalement se perdre à essayer d’être quelqu’un d’autre. C’est ce qu’on essaye de montrer aux gens avec OGG, qui signifie « Orginality Gains Greatness » (l’Originalité Accroît la Grandeur). On essaye de prouver que si tu sais qui tu es, tu te dois de tirer le meilleur de ta propre personne. Parce qu’à chaque fois que tu essaieras de copier un style, il y aura toujours des gens qui seront meilleurs que toi, car d’une certaine manière, c’est eux qui t’auront construit.

« Merde, je suis à Paris quoi, j’ai toutes les raisons du monde d’être complètement excité et heureux de ce qui m’arrive. »

Récemment, on a vu Travi$ Scott porter des t-shirts Metallica, Kanye West & A$AP Rocky travailler avec Paul McCartney ou Rod Stewart, tandis que Rolling Stone te décrivait comme la « nouvelle rock star d’Atlanta ». As-tu l’impression que toutes ces petites choses contribuent doucement à refaire de la culture rock une culture noire ?

Oui parce que beaucoup de gens oublient que ce sont les Noirs qui ont été à l’origine du rock. Je peux te garantir que 99% des personnes au monde n’en ont aucune idée. Moi-même, j’ai écouté Black Sabbath comme un taré mais je sais aussi que tu avais des gars comme Chuck Berry. C’était un Noir, notre communauté a fait de grandes choses, tu vois ? Les gens font souvent la dissociation entre la musique et l’histoire, mais la musique va plus loin que le simple champ musical. Sans elle, les gens ne se connaissent pas eux-mêmes. On n’a peut-être pas forcément une grande histoire, mais ce qu’on a accomplit était carrément épique. Et les gens n’en ont même pas idée.

D’un autre côté, j’ai le sentiment que les personnalités noires ont toujours été des rockstars dans l’âme. Par exemple, les rappeurs font exactement ce que les rockstars font, il s’agit juste d’une autre manière de l’exprimer. Finalement, le monde adopte ce qui est en réalité un courant alternatif comme quelque chose de nouveau, les Noirs finissent par lui donner un nouveau nom et les Blancs kiffent. Mais quand tu regardes bien d’où le mouvement part, il y a toujours un moment où les choses prennent un autre tournant. Tu vas avoir une grande figure noire qui va être cool avec un blanc qui l’encourage, « Mec t’es chaud, on kiffe ce que tu fais », et là d’un coup ca va devenir un truc de Blancs. Si l’on arrêtait de tout dissocier et qu’on rappelait aux gens qu’on a bâti ces mouvements et qu’ils sont similaires, ils arrêteraient de parler de nous en tant que « rappeurs » alors qu’on se comporte comme des rockstars. Il s’agit de briser les stéréotypes. Moi j’ai vu des rappeurs, j’ai traîné avec des rappeurs et je sais que je n’en suis pas un. Certes, je rappe, mais j’ai le sentiment que cette culture est différente de ce que je fais.

En 2014, tu avais sorti l’EP Breathe, dans lequel tu abordes notamment la situation de la communauté noire aux États-Unis. C’était un besoin pour toi de t’adresser aux tiens à ce moment précis ?

J’étais en colère. Je me souviens, j’étais au studio, seul face à moi-même. Coach K est arrivé et m’a demandé ce que je faisais, je lui ai répondu que j’étais simplement énervé et que j’essayais d’extérioriser ça. Il me laisse faire comme je le sens et quand il revient, j’avais enregistré deux sons. En écoutant les titres, il m’a dit quelque chose comme : « Mec, qu’est-ce que c’est que ça ? » Je lui dis que c’est simplement mon ressenti du moment et il me répond qu’il faut absolument sortir les morceaux. Je lui dis « Ok, on n’a qu’à sortir ça dans deux mois » et il me fait « Non, je vais appeler Fader tout de suite, il faut sortir ça demain ! » C’était un projet très brut. Le New York Times s’y est intéressé, et ça a été un de mes premiers projets à faire beaucoup d’écoutes sur Spotify. Pour tout te dire, je pense que les auditeurs en avaient besoin. Les Noirs avaient besoin que quelqu’un s’indigne pour eux. La police nous tue tous les jours et sans raison en plus de ça. Quand tu vis dans un tel environnement, la seule chose que tu peux faire c’est exprimer tes sentiments. Je me souviens de vidéos que j’avais vu à Ferguson ainsi que dans d’autres endroits, où les gens faisaient des marches durant lesquelles ils jouaient ma musique, des titres comme « Riot » entre autres. C’est puissant.

« Il y a deux styles de rappeurs : ceux qui sont à l’origine d’un mouvement, et puis ceux qui l’ont adopté après qu’il ne soit popularisé et qui donnent l’impression d’en être à l’origine. »

J’ai pu remarquer la surprise de nombreux auditeurs suite à ce projet.

En effet, mais c’est encore une fois parce que pendant un certain temps, on me voyait comme le mec qui a fait « U Guessed It ». Donc quand j’ai commencé à sortir régulièrement des projets qui étaient réellement chauds, pour le coup, les gens ont commencé à me voir comme une menace. Ils voulaient que je me foire parce qu’ils ont vu qu’une fois lancé, j’étais devenu incontrôlable. Mais je suis là désormais, et je continue d’avancer.

Tu voulais montrer une autre facette de ton talent avec ce projet ?

J’en avais rien à foutre de la question du talent. Pas avec Breathe en tout cas. Ça m’importait peu d’être le rappeur le plus technique, je me suis juste dit que si je devais en parler, il fallait que je le fasse spontanément. Et il s’avère que je sais rapper, donc c’est sorti tel quel. Mais si tu écoutes bien le projet, tu noteras que je suis limite en train de parler sur les morceaux, le beat est clairement secondaire, comme une sorte d’habillage sonore.

Tu viens d’Atlanta, qui fait depuis quelques années office de place forte du hip-hop américain. Comment expliques-tu le fait que la scène locale soit si diversifiée, mais parvienne tout de même à conserver une identité sonore très reconnaissable ?

On a les mêmes bases. On essaie tous de s’en distinguer mais d’un côté, tu as ceux qui viennent sans cesse prendre des éléments auprès des autres. Tu as une personne qui en copie une autre, qui en copie une autre et ainsi de suite, mais aucun d’entre eux ne veulent faire partie du même mouvement. Et quand c’est le cas, tout à l’air très faux. Au final, tu as toute une vague d’artistes qui essayent de réinventer une meilleure version du style d’origine avec la volonté d’être au-dessus de tous les autres. C’est un bon esprit de compétition. Les artistes prennent l’inspiration à la source, définissent leur propre version de la musique et partent conquérir le monde avec.

Tu es signé sur Quality Control, le label de Coach K, qui est célèbre pour avoir révelé Gucci Mane et Young Jeezy. Dans quelle mesure t’aide t-il dans ta carrière ?

Je ne suis pas un artiste qui se limite à l’interprétation en ignorant tout ce qui se passe autour. Je ne me fais pas « macro-manager », il n’y a pas une personne qui me dit quelles productions choisir, comment rapper sur tel ou tel morceau… Récemment, je me souviens que Coach K a ouvert une bouteille de vin de 40 ans d’âge, j’étais complètement bourré et il m’a poussé à enregistrer dans cet état là à base de « Mec, t’es défoncé, va enregistrer ». J’ai fini par l’écouter et ça a aboutit sur « Do What It Do » qui a rendu les gens complètement fous, donc big up à lui. Au-delà de cette capacité à me motiver, je pense qu’on se comprend bien : lui a bâti la trap, et moi-même j’essaye de bâtir quelque chose de nouveau.

Ton premier album studio, Children Of The Rage est attendu pour cette année. Que peut-on attendre de cet album ?

L’album est juste incroyable. C’est ce que je dis à tout le monde et j’ai juste hâte que les gens puissent l’écouter et vérifier par eux-mêmes. Il est assez dur à décrire, c’est un projet dont je suis très fier et dont je sais qu’il est d’un genre nouveau. Il y a tout dedans, du rap, du rock, un petit peu de pop et même un titre plus soul à la Ne-Yo (rires). Je n’ai pas réellement souhaité faire de featurings dessus, il y a juste mes gars et peut-être un morceau avec Quavo. Tout le reste c’est moi. Au niveau de la production, hormis une piste de The Neighbourhood et une autre de Childish Major, tout a été fait-maison par mes gars : Pablo Dylan, Phresh Produce et Talk is Cheap. L’album est carrément fantastique.

Tu as été particulièrement productif au cours des deux dernières années. À l’heure où les auditeurs consomment la musique très vite, n’as-tu pas peur que le public soit lassé avant même la sortie de l’album ?

Ça ne me gène pas de prendre ce risque, mais pour moi ce n’est pas le réel souci. Je pense effectivement que trop de musiques sortent ces dernières années mais d’un côté, regarde Young Thug par exemple : il reste l’excellent, non ? Pourquoi est-il déjà en train de bosser sur Slime Season 3 ? Simplement parce que les gens lui demandent et qu’il est en mesure de le faire. Si tu me demandes des nouveaux sons, et que je peux me permettre de les sortir, alors logiquement je vais le faire. Mais aujourd’hui, tu as des classiques qui datent de deux ans et qui ont l’air d’être loin dans nos archives. On en parle à base de « Oh gars, je me souviens quand… » Mec, ça date d’il y a seulement 2 ans, ça ne relève pas du « souvenir » là ! Personnellement, j’ai l’impression qu’un album comme Confessions d’Usher est sorti juste hier. Aujourd’hui, la musique qui sort quelques mois plus tôt nous semble déjà datée. De mon côté, j’ai également dû sortir beaucoup de projets afin de me tirer de la dimension de mes singles. « U Guessed It » était trop grand, comment étais-je censé me défaire de ça ? Je ne pouvais pas, la seule chose à faire c’était de continuer à balancer de la musique pour que les gens voient que je ne me limitais pas à ça. C’est malsain, d’une certaine manière, parce que ca influence en mal l’attitude des auditeurs.

Pour conclure, que peut-on te souhaiter à l’avenir ?

Des bonnes choses. Là tout de suite, je pense m’installer en France, à Paris (rires). Globalement, je trouve que le pays fait de la légèreté en terme de nourriture, mais à Paris la donne est différente donc je pense que je m’y plairais bien. Plus sérieusement, un Grammy serait pas mal, par exemple.

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