Alistair Wheeler suit le Parkour Paris sur les toits et dans le coeur du métro

La plupart des gens pensent que le Parkour fait de vous un athlète. En vérité ils devraient être considérés comme des artistes. Premièrement, la façon dont ces individus perçoivent leur environnement diffère de ce qu’une personne lambda pourrait voir. Là où nous voyons des grands ensembles d’immeubles, des tunnels ou des espaces vides, eux y voient des opportunités, des terrains de jeu, leurs exutoire. Parce que leur perception de ce qui les entourent pousse ces artistes à voir leur environnement comme des calques se juxtaposant, permettant ainsi à leur créativité de toujours être en alerte. Leurs yeux deviennent des objectifs d’appareil photo tandis que leur corps se muent en pinceaux afin de remplir cette toile urbaine faite de granite, de béton et de matériaux bruts. Des esprits libres parcourant cette jungle urbaine, voilà ce qu’ils sont.

 

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Qu’est ce qui pousse donc ces explorateurs contemporains à apprivoiser ce qu’ils voient ?

Thibaut : C’est sûrement ce désir de ne pas se sentir comme un robot, de ne pas suivre les chemins tracés mais plutôt de chercher de nouvelles perspectives.

Thomas : C’est aussi défier l’interdit. Pour ma part, je n’ai jamais été un grand amateur de règles, par peur d’être formaté et aussi parce que je suis contre les normes, c’est un de mes traits de caractère. Je tiens à ma liberté, qu’elle soit physique ou autre. Je ne veux pas être un mouton et suivre les chemins créés pour la masse.

 

Quel est le meilleur spot pour avoir une vision intéressante de ce qui vous entoure ?

Thomas : Chaque spot a sa richesse. En ce moment on est plus porté par ce qui se passe en hauteur, les toits des villes sont des lieux très calmes. On a une vue dégagée, on est tranquille, c’est presque un monde à part. Sinon, chaque nouveau spot devient mon endroit préféré.

Thibaut : C’est clair que c’est un kiff d’être en hauteur. Ça rejoint ce que Thomas disait, on est pas des robots, on a cette chance de pouvoir atteindre des perspectives que la plupart des gens ne peuvent pas. Suivre une route, tout le monde sait le faire.

 

Y-a t-il des villes en particulier que tu souhaites explorer ?

Thomas : New York évidemment pour son architecture, parce qu’il y a pléthore de lieux à exploiter, mais sinon je suis plutôt quelqu’un de solitaire par nature alors je dirais la jungle. C’est un milieu naturel qui te permet de te reconnecter avec tes sens et à les aiguiser. Un retour à la nature assez intéressant qui encore une fois te donne la possibilité de ne pas rentrer dans le moule.

Thibaut : New York également pour l’ensemble des oeuvres urbaines dont la ville regorge. Sinon, les temples en Asie, car ce sont des lieux chargés d’histoire avant tout. C’est aussi marrant de se dire que les types qui ont construits ces lieux n’avaient pas du tout idée qu’un jour des mecs viendraient se ré-approprier ces pierres pour en faire quelque chose de totalement différent.

 

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L’état d’esprit varie t-il selon l’environnement ?

Thibaut : C’est plutôt par phases, en ce moment on parlait des toits de Paris mais en vérité tout dépend du mood. Et puis la base du Parkour c’est quand même de pouvoir s’adapter à son environnement, et ce dans n’importe quelles conditions climatiques.

Thomas : Il est possible qu’avant un début de séance on soit moins enclin à tenter certaines choses, mais comme le dit Thibaut, l’origine du Parkour c’est pouvoir fuir une situation grâce aux éléments qui t’entourent. Donc, pluie, neige ou autre…il faut être prêt mentalement.

 

Comment voyais-tu ton environnement avant de faire du Parkour ?

Thibaut : Forcément, ta perception évolue. Avant j’avais une vision limitée, dorénavant je ne vois plus les choses de la même manière. Instinctivement je me pose des questions : savoir si je suis capable de descendre d’un endroit sans emprunter la voie normale, savoir si je peux grimper une structure en passant par un autre endroit, bref, tes possibilités deviennent quasi infinies.

Thomas : Exactement, j’ai une vision moins linéaire, là où la foule va progresser quasiment en 2D (devant, derrière et à ses pieds), moi j’ai la capacité à voir autrement. En l’air par exemple, c’est simple comme ça, mais vous seriez surpris du nombre de personnes qui ne lèvent pas leur nez. Notre regard n’est pas différent, c’est notre façon d’aborder les informations qui diffèrent.

 

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Comment ton style (vestimentaire, etc.) influence t-il ta façon de courir ?

Thibaut : Je pense que c’est assez personnel. Moi je suis plus dans le casual en prenant soin d’avoir un pantalon assez stretch qui ressère au niveau des chevilles.

Thomas : Ma façon de m’habiller a évolué avec le temps. Comme beaucoup j’ai eu ma phase « vêtements amples » mais à force de se casser la gueule en se prenant les pieds dans le tissu… Aujourd’hui c’est beaucoup plus « slim » ou « fit », j’aime bien la mode du coup je fais naturellement attention à ce que je porte. Le jean c’est pas optimal pour ce qu’on pratique mais encore une fois, il faut s’adapter à toutes les situations en restant performant.

 

Faire du Parkour a t-il modifié ta façon de vivre ?

Thibaut : Physiquement je me suis épaissi, je fais attention à mon corps mais là où cela a vraiment changé c’est au niveau du mental. J’étais plutôt timide quand j’ai débuté il y a 12 ans, maintenant j’ai confiance en moi, en mon corps et je continue à explorer chaque partie corporelle et mentale car tout est mis à contribution. Le Parkour t’oblige à sortir de ta zone de confort.

Thomas : Ça m’a permis de me sociabiliser, c’est tout bête mais tu dois faire attention à ce qui t’entoure, le matériau comme l’humain. Sinon je vie de la même manière, je suis devenu plus exigent envers moi même et par extension avec les autres. Je suis plus persévérant et je me rends compte que cette discipline accentue mes traits de caractère. Ce désir d’indépendance et de confiance en soi. Affronter ses peurs et y faire face surtout. Je suis quelqu’un qui dans la vie normale monte vite en pression. Bizarrement, quand je suis en mode Parkour je suis calme.

 

Quelle genre de musique écoutes-tu durant une séance ?

Thibaut : Personnellement je n’écoute pas spécialement de musique durant les séances, parce que j’aime bien pouvoir communiquer avec mes potes.

Thomas : Pareil, je préfère entendre le bruit des matériaux, quand je retombe sur mes pieds, entendre si la réception s’est bien faite. Avoir cette possibilité de savoir qui vient derrière moi. Je préfère rester alerte.

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PhotosAlistair Wheeler
Modèles : Thomas Mougne & Thibault De Cassagnac du Collectif Parkour Paris

 

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