Le festival Tapis Bleu ouvre les portes du ciné à ceux qui n'y ont pas accès

Le festival Tapis Bleu ouvre les portes du ciné à ceux qui n’y ont pas accès

Prévu les 4, 5 et 6 juillet entre Rosny-sous-Bois et des quartiers parisiens traversés par la ligne 11 du métro, le festival Tapis Bleu ouvre les portes du cinéma à ceux devant qui elles sont habituellement fermées. Entretien avec ses fondateurs. 

Notre récent entretien avec l’acteur Césarisé Rod Paradot nous l’a confirmé : infiltrer ce milieu en vase clos qu’est le cinéma n’est pas donné à tout le monde, encore moins à ceux issus des quartiers populaires. Fort heureusement, pour chaque route barrée, on trouve des gens altruistes qui s’efforcent de creuser d’autres chemins, d’ouvrir d’autres portes. C’est le cas de l’acteur Soufiane Guerrab et de Sonia Kaoutar, cofondateurs du festival de cinéma Tapis Bleu. Ici, il n’est pas seulement de diffuser les dernières productions de cinéastes de renom, mais d’accompagner des jeunes en quête d’opportunités dans la réalisation de six courts-métrages, avec le soutien de professionnels.

Après une première édition centrée sur Rosny-sous-Bois, le festival – désormais étendu au Grand Paris – revient les 4, 5, 6 juillet à l’UGC de Rosny. Au programme : masterclass, avant-premières et visionnage des films de nos Scorsese en herbe avec des invités de prestige, comme le parrain Grand Corps Malade, l’actrice Leïla Bekhti ou encore le réalisateur Ladj Ly, dernièrement primé à Cannes pour son film Les Misérables. On a laissé les initiateurs de ce beau projet l’évoquer avec nous.

Photos : @samirlebabtou

Pouvez-vous nous présenter le festival Tapis Bleu ?

Soufiane Guerrab : L’idée de ce festival est née il y a déjà quelques années. J’avais envie de créer quelque chose pour les jeunes, suite à leurs nombreux témoignages et leur envie d’intégrer le cinéma français. J’en ai parlé à Sonia. Ça a tout de suite fait écho chez elle, et derrière les choses se sont très vite accélérées. Aujourd’hui on arrive à la seconde édition et on en est très heureux.

La création de ce festival répond-elle à un manque, selon vous ?

SG : On remarque chez les jeunes un certain fatalisme qui se manifeste de plus en plus tôt. Beaucoup de choses leur paraissent très vite impossibles. Le cinéma étant un milieu considéré comme l’un des plus fermés, le festival souhaite casser les barrières de l’impossible pour laisser place à un certain espoir. On espère que cette expérience servira à ces jeunes pour tout ce qu’ils entreprendront dans la vie.

En quoi Tapis Bleu se différencie-t-il des autres festivals ? 

Sonia Kaoutar : On sélectionne des jeunes issus des quartiers populaires du Grand Paris après casting, selon les différents scénarios. Ils se retrouvent ensuite dans des conditions réelles de tournage, avec une véritable équipe technique de cinéma et des réalisateurs et réalisatrices. Les films produits par le Festival Tapis Bleu sont ensuite projetés pendant les trois jours. Cette année, six films seront en compétition et soumis aux votes du public et d’un jury prestigieux, qui compte notamment Assaâd Bouab de la série Dix pour cent, ou encore Ladj Ly.

SG : Le public ne se contente pas de voir des oeuvres. On y découvre des visages, des parcours, des chemins de vie totalement différents, mais guidés par la même énergie : celle de la création. Tapis Bleu, c’est l’inverse du tapis rouge. [rires] Ici ce sont les professionnels qui viennent à la rencontre des inconnus.

Quel serait le discours que vous adresseriez aux jeunes voulant s’inscrire, mais manquant encore de motivation ?

SG : Venez, tout simplement ! Quelle que soit votre origine sociale ou culturelle : tout le monde a sa place au festival de cinéma Tapis Bleu. Celles et ceux qui veulent se joindre à l’événement sont les bienvenus. Vous avez un talent ou êtes prêts à ce qu’on le découvre ensemble ? Venez, on vous attend !

Quel est le profil de ces jeunes qui viennent s’essayer au 7e art ?

SG : Les profils sont très variés, et c’est exactement ce qui nous intéresse. C’est à ça que sert l’art. L’art est un prétexte pour réunir des gens différents autour d’une oeuvre, qu’ils puissent en parler et débattre. Tous les points de vue sont intéressants. Tapis Bleu, c’est un peu comme cette fameuse chaîne de restauration : « Venez comme vous êtes ! ». [rires]

Y’a-t-il une anecdote qui vous a particulièrement marqué depuis la création de ce festival ?

SG : Il y en a même trop ! [rires] Et il y en aura encore plein pour la seconde édition. Un documentaire retraçant les activités des jeunes pendant la préparation de leurs films sera projeté à la cérémonie d’ouverture du festival, et on rit beaucoup. J’invite vraiment tout le monde à venir découvrir ces jeunes, les professionnels du cinéma et leurs histoires.

Soufiane Guerrab, cofondateur du festival Tapis Bleu.

Existe-t-il une évolution par rapport à l’édition précédente ?

SK : Bien sûr ! L’effervescence autour du festival Tapis Bleu est juste incroyable. Lors de la première édition, on a pu découvrir le travail de jeunes venant pour la plupart de Rosny-Sous-Bois (93) et les réalisateurs étaient envoyés dans différents quartiers de la ville. Pour cette seconde édition, on s’est quelque peu « expatrié » puisqu’on y découvrira l’oeuvre de jeunes de Saint-Denis (93), La Courneuve (93), Courbevoie (92), Chevilly-Larue (94), Place d’Italie et Belleville (75), en plus de Rosny-sous-Bois. La jeunesse du Grand Paris, en gros ! Nous avons en plus la chance d’être accompagnés cette année par la sublime actrice Leïla Bekhti et l’incroyable réalisateur Olivier Nakache pour des masterclass qui s’annoncent exceptionnelles. Puis on est super heureux de présenter en ouverture du festival, l’avant-première du film La Vie Scolaire, réalisé par le duo de génies Mehdi Idir et Grand Corps Malade, qui est notre parrain depuis le début.

Quelles sont vos attentes pour l’édition à venir ?

SG : On attend du monde, des souvenirs, des découvertes, des histoires, du rêve, de la passion… et c’est tout ! [rires]

Un dernier mot ?

SK : Un grand merci à la mairie de Rosny-Sous-Bois, à nos partenaires Verrechia, Loca Images, Mouv’, UGC et la RATP, à notre parrain Grand Corps Malade, à toutes les personnalités qui nous accompagnent, à toutes celles et ceux qui font partie du projet, qui nous soutiennent et nous encouragent. Et bien sûr une immense pensée pour tous les jeunes qui font partie de l’aventure.   Venez découvrir des nouveaux talents au Festival Tapis Bleu, on vous attend !

Toutes les informations concernant le Festival Tapis Bleu sont à retrouver sur leur site officiel, et leurs réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram). 

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