Pièce par Pièce : Risco Runner

Pièce par Pièce : Risco Runner

stylist interview risco runner

Petit à petit, de haut en bas, Pièce par Pièce. C’est de cette façon qu’un(e) styliste construit un outfit, dans une démarche artistique qui lui est propre. Au coeur d’une capitale qui regorge de ces architectes de mode, nous sommes allés à la rencontre de ceux pour qui l’habit fait le moine. 

Dans ce premier épisode, nous avons échangé avec Emmanuelle Sits aka Riscorunner, une styliste qui s’est découvert une passion pour l’exercice à travers son travail de photographe, son premier amour.

Qui es-tu ?

Je m’appelle Emmanuelle, j’ai 24 ans mais je mens et je dis à tout le monde que j’en ai 23. 24 ans c’est un âge bizarre, j’aime pas. Mes 23 ans sont passés tellement vite que j’ai pas l’impression d’avoir eu 23 ans, tu vois ce que je veux dire ?

stylist interview risco runner

Je me considère comme une photographe de mode avant d’être une styliste. Je travaille principalement pour les agences de mannequins, je fais les books des filles et des éditos aussi et c’est ça qui me plait le plus. Le stylisme est un peu venu en même temps. En fait j’ai tellement amassé de fringues toute ma vie que pour mon premier shooting, il y 6 ou 7 ans, j’ai ramené mes propres vêtements. J‘ai ramené une valise et j’étais sûre que j’allais pouvoir trouver un truc sympa. J’achète souvent dans des petites boutiques du Marais et du coup ils me connaissent tous, donc je réussi à leur emprunter des trucs comme des petits accessoires etc., et voilà c’est venu comme ça.

Qu’est ce qui a éveillé ton intérêt pour la mode ?

Je pense que c’est de famille. Mon père fait les boutiques très souvent. Dès qu’il peut il m’emmène… Enfin dès qu’il veut surtout. Mais s‘il ne le fait pas pour moi c’est pour lui, sinon c’est pour ma mère ou ma soeur. Ça lui fait plus plaisir à lui d’acheter qu’à nous.

Comment est-ce que tu décrirais ton style ?

C’est jamais la même chose. C’est un mélange de beaucoup de vintage et de streetwear. Mais la plupart du temps je ne mets pas de sneakers. Quand je sors, je mets des belles chaussures, des bottes, des cuissardes. Mais il y a vraiment de tout en fait. Je ne suis pas hyper streetwear, je porterais pas de Supreme dans la rue. Mon style, c’est un grand champs de possibilités, j’ai très peu de limite.

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Quelles sont tes inspirations ?

Partout. Dans la rue, moins dans les magazines parce que je trouve que c’est devenu moche mais je trouve de l’inspiration tout le temps, partout. Ça peut être dans une peinture avec l’association de couleurs ou sur Instagram. Mais là ça va plus être la façon de prendre une photo que le style en lui-même. Parce que je trouve que c’est soit trop street, soit trop classique. J’ai pas trouvé de fille qui me correspond, qui fait à peu près la même chose que moi. Il n’y a pas une fille dont le style m’attire plus qu’une autre. Et les mecs n’en parlons pas [rires], je dois en suivre maximum dix. Je trouve qu’il n’y en a aucun qui se démarque plus qu’un autre.

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Quel est le taff dont tu es la plus fière ?

Un édito que j’ai fait quand je suis partie cinq mois en Thaïlande. J’ai passé ma vie à shooter. Dès que j’avais une minute j’allais dans l’agence et je choisissais une meuf et on me la bookait pour la journée. Du coup déjà les filles étaient complètement différentes de celles qu’on a à Paris ; en plus là-bas, t’as des fripes où tu peux trouver plein de fringues pas chères et j’ai vraiment pu m’éclater, que ce soit avec les outfits ou les lieux, avec la lumière que t’as là-bas, c’est complètement différent.

Quel serait ton dream job ?

Styliste à plein temps à Los Angeles. J’y suis jamais allé mais ça m’attire vraiment. J’attend juste d’avoir assez d’argent pour y aller. J’adore Paris, mais je trouve que ça ne me va pas autant que L.A. m’irait. Je suis hyper concentrée sur le stylisme en ce moment, ça doit faire 6 ou 7 mois que j’ai pas fait de shooting avec une agence. C’est devenu une passion presque autant que la photo.

Une personne avec qui tu aimerais vraiment travailler ?

Si je devais travailler avec quelqu’un ça serait Rihanna. Non, l’un de ses stylistes plutôt, illjahjah sur Instagram. Il est incroyable ! Même s’il me dit d’être son assistante, d’apporter des cafés, j’accepte [rires]. Il fait des styles de ouf, toutes ses tenues de tournée, c’est de lui. Il n’y a pas une tenue que j’aime pas et en plus Riri, ça lui va trop bien !

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Qu’est ce que tu aimes le plus dans le stylisme ?

Pouvoir rendre les gens stylé. Parfois les filles que je shoot arrivent toutes simples, elles savent pas trop où se mettre etc. Mais une fois que je les habille, elles se regardent dans le miroir et sont genre “ouuuh c’est moi ça ?”. Tu les sens prendre de la confiance et ça, j’aime beaucoup.

La pièce de ta garde robe dont tu ne te sépareras jamais ?

En vérité, je suis pas hyper attachée à mes vêtements, j’ai vraiment trop de trucs. Je suis plus du genre à vouloir tout vendre pour acheter de nouvelles choses.  Mais si je devais n’en garder un, je pense que ça serait mon sac Chanel. Un classique.

https://www.instagram.com/p/BUrlcNfD-3A/?taken-by=riscorunner

Qu’est ce qui t’énerve le plus dans la mode ?

Je trouve que tout est devenu un peu trop commun. C’est commun de travailler dans la mode, c’est commun de faire de la photo, du stylisme… C’est devenu un truc basic. Je trouve ça un peu relou parce que c’est un taff pour nous et il y en a qui font ce qu’on fait gratuitement donc c’est difficile. J’ai l’impression que les gens privilégient plus la gratuité à la qualité et c’est dommage. Mais bon, c’est comme ça.

Quelle est ta vision du style de 2018 ?

C’est un retour aux bases. Un style qui fait écho aux années entre 1990 et 2003 avec Burberry, Prada et Louis Vuitton.

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