The Weeknd, Ninho, Dinos... tout ce que vous devez écouter aujourd'hui

The Weeknd, Ninho, Dinos… tout ce que vous devez écouter aujourd’hui

anDepuis 2015, les années passent et les rappeurs ne cessent d’intensifier leur productivité. Les semaines s’enchaînent et se rythment continuellement de nouvelles données : clips, morceaux, albums, mixtapes, EP, annonces, signatures… Suivre la cadence est devenu rude pour l’auditeur attentif, l’auditeur à mi-temps est quant à lui contraint de se noyer petit à petit. D’où l’intérêt de vous aider à vous y retrouver.

Vendredi 30 mars. Il n’aura fallu que de trois petits mois pour que la première date clé de 2018 pointe le bout de son nez. Rich The Kid, Ninho, The Weeknd, Booba, Dinos, PLK, SAINt JHN, Caballero & JeanJass, Zola, tous ont contribué au tsunami musical auquel fait face le public aujourd’hui. Sans concertation d’ailleurs, comme d’habitude. Avant de s’attaquer au mois d’avril et des prochaines dizaines de sorties annoncées ou présumées, on a décidé de tout vous apporter sur un plateau. Prêt à la dégustation.

Rich The Kid, The World is Yours

Enfin dans la cour des grands. Le rappeur atlantais a pourtant toujours donné l’impression de ne pouvoir faire que des mixtapes. Sept à son actif depuis 2013, à raison de deux par année en moyenne. Peur du « premier album » ? Qui sait. Au final, il délivre The World is Yours un 30 mars, une journée isolée de la plupart des grandes sorties attendues en 2018. Joli coup, il assure un succès d’estime et commercial, au moins à la hauteur de son talent. Aucun projet l’année passée, rien de bien inquiétant, le morceau New Freezer, accompagné de Kendrick Lamar, a su lui offrir l’opportunité de ne pas se faire oublier. S’ensuit la sortie de Plug Walk en février dernier, dont l’impact a été si grand qu’il a décidé de laisser le talentueux Daps l’imager sur YouTube un mois après. Trente millions de vues plus tard, l’attente est largement suffisante. Il était temps de donner ce quatorze morceaux ambitieux. Avec les participations plurielles de Kendrick Lamar, Future, Khalid, Jay Critch, Rick Ross, Chris Brown, Quavo, Offset, Lil Wayne, Trippie Redd et Swae Lee, le Kid s’est entouré du grand cru américain. De quoi faire de The World is Yours un album à la hauteur d’un premier pas officiel et véritable dans l’industrie. De quoi respecter la référence à Scarface dont le rappeur tire le nom de l’album : prêt à prendre ce qui lui revient de droit, le monde à portée de main.

Ninho, M.I.L.S 2.0

Le succès monumental de Comme Prévu a une histoire. Rien ne s’est fait au hasard. Ninho, c’est un jeune garçon à la croisée des mondes, grandissant entre le 91 et le 77, tombé dans le rap avant ses dix ans. S’y essayant soudainement, il s’intéresse, se passionne, se force à évoluer et travaille d’arrache-pied : le talent est né. Son tout premier projet est marqué par l’ambition démesurée de son auteur : I.S.P.A.C, Ils Sont Pas Au Courant, comme une sorte de préambule, l’annonce d’une arrivée imminente et sanguinaire. S’ensuit I.S.P.A.C vol.2, histoire de bien se faire entendre. C’est le cas. Booba lui offre une place sur la mixtape OKLM et une place dans la première partie de son Bercy. Une chance inespérée pour celui qui prépare la promo d’une nouvelle mixtape. M.I.L.S débarque en 2016. Le succès commercial est à demi-présent, mais l’estime, elle, est à son apogée. Finalement, Comme Prévu sort au début du mois de septembre, et alors même que Sadek et Niska arrivaient quelques semaines après, le disque a su braver l’oubli promis par le succès gigantesque de Commando. Atteignant plus de 300 000 ventes, il offre à son auteur un triple disque de platine, signe d’une évolution autant musicale que promotionnelle. De quoi lui permettre de se hisser aux premières places des classements commerciaux et critiques de 2017. Pas de quoi s’affoler pour autant, le rappeur repart en studio, prêt à capitaliser autant que possible sur son statut durement gagné. Et alors même que l’Olympia dansait, Ninho annonce que M.I.L.S 2.0 sortirait vendredi, aujourd’hui. Aucune promo, le risque du flop est donc toujours présent. Le soir de l’annonce sort Coffrer, premier et seul extrait de la mixtape, un million de vues en presque 48h. Le risque du flop disparait. Et quand on écoute le projet, on se rend bien compte que oui, maintenant on le sait, Ninho fait parti des prochaines légendes du genre.

The Weeknd, My Dear Melancholy

Surprise générale. L’annonce en a choqué plus d’un. Un panneau publicitaire montre une sombre illustration teintée de rouge et de noir, un halo de lumière dévoile un oeil, celui de The Weeknd. Au dessus, un titre : My dear melancholy. Rien d’autre. On pense à un album, une tracklist fuite sur internet, on devra attendre minuit passé pour tirer les conclusions. Au final, c’est un EP, six titres, deux en featuring avec Gesaffelstein. Ambitieux. Le chanteur canadien s’était fait rare depuis Starboy, le retour est imprévu mais largement nécessaire. Sa voix nous manquait. Ses textes aussi. Et puis son univers, forcément. The Weeknd qui parle de mélancolie, c’est plus que séduisant. Préparez les mouchoirs.

PLK, Platinum

L’aventure solo lui réussit bien. Le 8 septembre sort Ténébreux, la retombée commerciale n’a rien d’affolant mais l’évolution du jeune rappeur parisien force le respect. Exemplarité est le maître mot. Difficilement possible à cerner au sein du Panama Bende, le format solo sied à merveille aux auditeurs pour découvrir et comprendre ce qu’est véritablement PLK. Un type qui freestyle à Skyrock du haut de ses quatorze-ans, qui s’essaye dans une pluralité de styles, fait un passage remarqué à Rentre dans le Cercle et qui trouve enfin sa voie. Un mélange complet et bien garni, toujours accompagné des suppléments qu’il faut, ici Lefa et Krisy. Il passe la deuxième vitesse aujourd’hui, et prend le pari de polir son identité visuelle et musicale autour d’un dix-sept titres.

DJ Esco & Future, #KOLORBLIND

Seconde récidive. Le duo s’était déjà allié sur Project E.T. Esco Terrestrial en 2016. Auto-produit par DJ Esco, la mixtape séduit déjà par sa tracklist. Young Thug, Rich The Kid, Nas, A Boogie Wit Da Hoodie, Schoolboy Q, Ty Dolla Sign… Future ne s’offre le droit d’être seul que sur deux morceaux. Annoncé le 22 mars sur youtube, il n’en fallait pas plus pour attiser la curiosité de n’importe quel auditeur un tantinet sérieux. C’est aussi que leur premier projet en duo avait été presqu’unanimement plébiscité par les fans, marquant à sa manière un tournant dans leurs carrières respectives. Naturellement, les attentes sont grandes. Avis aux amateurs.

Booba, Gotham

Fini les albums, place aux morceaux. Booba, oui, encore lui. Alors même qu’il avait été absent de 2015 à 2017 pour préparer son dernier album en date, ne donnant que de petits morceaux à grignoter pour combler les grosses faims, voilà qu’on parle à nouveau de lui. Capitalisant sur le succès en déclin de Trône il offre Gotham au public francophone. Un morceau qui semble découler directement des sessions studios de l’année dernière, mais qui prouve une fois de plus que l’alchimie entre le rappeur et le duo de producteurs Twinsmatic est bel et bien présente. Les premières secondes du titre avaient été dévoilé sur Instagram il y a quelques mois, il est temps de découvrir l’ensemble. Le deuxième couplet semble être le plus remarqué, on vous laisse décider par vous-mêmes.

Dinos, Les Pleurs du Mal

Imany. Le mot est accroché aux lèvres des auditeurs depuis de nombreuses années. Le coeur est bientôt comblé, l’album du même nom est prévu pour le 27 avril. En attendant, Dinos attise les braises à coup de vidéos, clips, tweets, et featurings. Le temps du repos est révolu, les braises viennent de s’enflammer depuis hier en streaming et continueront à chauffer ce soir à 17h : « Mon meilleur clip jusqu’à présent« , dit-il, « une des chansons dont je suis le plus fier« , ajoute-t-il.  Référence à Baudelaire et à son Spleen de Paris, Dinos change tout de même une lettre. Le P remplace le F, le sens en est transformé. Produit par BBP, notamment derrière Naha de PNL, J’respect R de Damso ou Selfie de Vald, le morceau est le deuxième extrait d’Imany après Flashé. Quand on connait les exigences musicales et visuelles auxquelles Dinos se soumet, rien ne peut nous faire douter de la qualité des Pleurs du Mal.

Gracy Hopkins, For Everyone Around Rage

Gracy Hopkins est un OVNI dans le paysage musical français. Et si l’extraterrestre s’est nourri de sons et de lumières au format NTSC, ce n’est pas dans le Kansas que le jeune homme a fait ses armes mais plutôt du côté du 77. Très agile avec la langue de Shakespeare, le bougre nous aura surpris avec son titre 2016 sorti la même année, tant par son phrasé que par sa dextérité au microphone. Depuis, l’espoir de voir un artiste français réussir au delà de nos contrées et imaginer de multiples collaborations avec des anglophones n’aura jamais été aussi fort. Le momentum a savamment été orchestré à coup de clips vidéos dont la qualité serait plus proche des court-métrages qu’autre chose, ultra léchés et profonds, apportant chacun à leur manière, une pierre à l’édifice discographique et vidéophonique du talentueux artiste. Deux ans plus tard sort FEAR, un EP travaillé tel une série sonore rythmée par le changement des 11 pistes que composent le projet.

SAINt JHN, Collection One

Dur de passer à côté de celui qui a tout pour enflammer l’été des oreilles les plus averties. Le new-yorkais né en Guyane britannique nous avait converti par surprise avec le titre Roses il y a de ça deux ans, puis l’artiste semblait avoir disparu dans les limbes des one hit wonder mais c’était sans compter sur la foi inébranlable que SAINt JHN voue à sa musique. Un sorte de culte de la personnalité mêlant habilement religion, luxure et drogues récréatives et qui, mine de rien, permet de cerner celui qui aimerait finir en icône grâce à son talent. L’homme prêche à travers sa parole suave qui nous rappelle au bon souvenir d’un Jaheim ou d’un Lyfe Jennings. Du ghetto romantique dans toute sa splendeur : de l’amour pur et sans concessions comme ce sentiment qu’éprouverait Iceberg Slim postiché devant l’autel pour une de ses nouvelles filles.

Zola, Extasy

Le dernier morceau de la liste. On ne dira pas le meilleur pour la fin, mais surement le plus surprenant. Non pas musicalement, Zola continue de travailler son identité depuis plusieurs mois, proche de YBN Nahmir, Tay-K ou Famous Dex. Surprenant car produit par DJ Kore. Surprenant car le rappeur du 91 domestique littéralement la production. La rencontre entre les deux artistes a sûrement dû intervenir pour la B.O de Taxi 5 à laquelle ils participent sur California Girl. De quoi nous faire baver quant à d’autres affiliations de ce type à l’avenir. Après tout, Zola s’est imposé dans le rap français de manière précoce, une petite série de morceaux sur YouTube et le tour est joué, tout est encore possible pour lui, sa carrière ne fait que débuter. Avec Extasy, il est devenu clair que son futur dans le rap français est plus que prometteur.

Caballero & JeanJass ft. Krisy, Toujours les mêmes

Les deux compères belges, qui viennent de signer chez Polydor, préparent un nouvel album. « Toujours les mêmes », en featuring avec le crooner Krisy, en serait le premier savoureux extrait. Autant dire que nos voisins du plat pays n’ont pas prévu de lever le pied en 2018.

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