Récit de notre curieuse aprem avec 6ix9ine et Vladimir Cauchemar à Paris

Récit de notre curieuse aprem avec 6ix9ine et Vladimir Cauchemar à Paris

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À gauche, on a 6ix9ine, rappeur et spécialiste du déchaînement des foules. À droite, on a Vladimir Cauchemar, artiste Ed Banger et spécialiste du hautbois et de l’aulos. Alors quand les deux artistes décident de travailler ensemble, on a forcément le droit à une aventure pleine d’anecdotes croustillantes : on vous raconte les dessous du clip. 

Photos : @lebougmelo

La journée était plutôt banale. On s’était levé pour aller au bureau, finir de préparer l’interview du jour. Rien de bien nouveau sous le soleil. Sur le trajet, on a reçu un message étonnant : 6ix9ine est à Paris pour tourner un clip aux Ponts des Arts avec Vladimir Cauchemar. Un kamoulox total, c’est clair, mais vu qu’on a été invité au making-off du visuel, on s’est empressé d’aller y faire un tour sans trop se poser de questions.

Une seule règle nous avait été donnée : aucune photo ou vidéo ne doit être diffusée, et aucune prise de son ne doit être entendue sur les réseaux avant la sortie officielle du morceau. Bien reçu. On a envoyé deux gaillards sur place, un photographe, chargé de prendre des photos – normal –, et un journaliste, chargé d’interpeller le rappeur new-yorkais au cas où l’opportunité se présenterait. Vous imaginerez bien que ce dernier a foiré sa mission.

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Le rendez-vous était à 15 heures pétantes. Évidemment, on est arrivés en retard, aux alentours de 15h30, mais on a tout de même pu observer la séance photo de Vladimir Cauchemar, tout de noir vêtu et un casque en crâne vissé sur la tête de mort… ou un casque de tête de mort vissé sur le crâne, on ne sait plus. Depuis un peu plus d’une heure, la sécurité de l’Institut de France se posait de grosses questions mais personne ne semblait vouloir intervenir.

6ix9ine était attendu à 15 heures, comme tout le monde, et si on pensait être arrivés en retard, le rappeur américain nous a prouvé qu’on était de vulgaires amateurs en la matière. Assis sur les grandes marches de l’Institut de France, à l’ombre du soleil – et des jeunes filles en fleur, il s’agit de 6ix9ine ne l’oublions pas –, cela faisait déjà une bonne heure qu’on attendait qu’il pointe le bout de son nez. Et c’est à 16h30 que le rappeur est descendu de son van. Car oui, évidemment, il était dans un van, depuis le début, garé à 10 mètres de nous. Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, il est aussitôt re-rentré dedans, après avoir demandé de l’après-shampoing à la personne qui venait de lui ouvrir la porte. Alors, on n’y connait pas grand chose en coiffure, mais est-ce qu’on a besoin d’une journée entière pour s’apercevoir qu’on a les cheveux secs ? Pas sûr.

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Une demi-heure plus tard, le phénomène mondial sorti son petit corps de la voiture. Et histoire de nous montrer que le sens du timing, ça le connait, il est bien évidemment descendu pile au moment où une trentaine de jeunes touristes néo-zélandais passaient de l’autre côté du trottoir. Forcément, il n’a fallu que de quelques secondes à peine pour que l’un d’eux se brise les cordes vocales en criant « TR3YWAY ! », avant que l’ensemble du groupe ne s’y mette. La scène n’était pas sans rappeler celle des mouettes dans le film Némo, et c’est sans doute le meilleur souvenir de la journée. Surtout quand on apprend par la suite que la bande était de passage à Paris pour rendre hommage au 28ème bataillon Māori qui a combattu pendant la Seconde Guerre Mondiale. Un bon moyen de respecter les anciens, on devrait prendre exemple.

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Pendant que 6ix9ine esquissait de timides sourires à une foule déjantée qui criait son nom et ses gimmicks, que ses agents de sécurité l’entouraient comme Eric Zemmour au sortir d’un restaurant, et que l’équipe de tournage se demandait encore ce qu’ils foutaient tous là, on s’approchait tranquillement du lieu où la magie allait opérer. La première chose à retenir, c’est que la mairie de Paris n’avait pas été prévenue. Alors on nous a dit : « À tout moment la police peut débarquer et shut down le tournage, faut être rapide et efficace. » Et alors qu’on s’apprêtait tous à crier « comme Kun Aguero » de Kalash Criminel pour clore la phrase, trois agents bleutés arrivèrent sur place, les sourcils froncés.

Ça n’avait pas l’air de déranger la star US plus que ça. Il faut dire qu’il est habitué à des cortèges plus importants, que ce soit pour arrêter brusquement ses tournages ou pour l’accompagner dans le quartier de Chief Keef. Alors pendant que la sécurité expliquait aux policiers d’une part ce qu’ils foutaient là, que ça n’allait pas être long, qu’il n’y aurait aucun mouvement de foule, et de l’autre ce que foutait un mexicain aux cheveux arc-en-ciel au beau milieu du Pont des Arts en plein mois de juillet, 6ix9ine, quant à lui, s’amusait à faire des stories Instagram pendant que les réalisateurs installaient un porte-caméra autour de sa taille. Tiens, encore un kamoulox.

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Enfin équipé, à presque seulement deux heures de l’horaire prévu, voilà que 6ix9ine entame le tournage. Alors là, deux choses essentielles à retenir. La première c’est que, non, ce n’est pas aussi impressionnant que ses clips à New-York puisqu’il porte ici des air-pods pour écouter son morceau, et qu’il est sur un pont, en train de se filmer faire du play-back, tout seul. À quelques détails près on était sur le tournage d’un Vlog d’Emma CakeUp qui écoute une playlist devant ses abonnés. La deuxième, c’est qu’un pont, vous le savez, c’est plus étroit qu’une rue de Brooklyn. Alors quand le rappeur, qui se filme de face, doit faire des virages, c’est toute la foule qui l’entoure qui doit faire un virage avec lui. Imaginez la scène, voilà ce qu’on a vécu : la danse du pont d’Avignon grandeur nature. Un rêve de gosse pour beaucoup.

En plus, l’ordre de suivre le mouvement était donné à tous ceux qui traversaient le pont. Et chose étonnante, les trois policiers de tout à l’heure s’occupaient même de faire la sécurité. Rêvaient-ils de ce moment à l’académie ? Peut-être. Dans tous les cas, une tripotée de touristes qui ne connaissaient 6ix9ine ni d’Adam ni d’Ève se mettaient à faire des rondes sur le pont sur ordre de la Police nationale. La classe à la française. Puis l’un d’eux est quand même aller voir une femme, assise sur un banc, en train d’allaiter son enfant pour lui dire de faire des tours « comme tout le monde », avant de se rendre compte, d’une part qu’il n’était pas payé pour ça, et de l’autre qu’il était entrain de demander à une femme, assise sur un banc, entrain d’allaiter son enfant, de faire des tours sur le Pont-des-Arts.

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Ça aura duré une bonne dizaine de minutes. Histoire, une nouvelle fois, de nous rappeler qu’on aurait dû un peu plus réfléchir avant de venir presque à l’heure. 6ix9ine ayant un grand sourire, on imagine donc qu’il est content de la prise. En récompense, on lui enlève l’équipement bizarre autour de sa taille. Dommage, s’il l’avait oublié on aurait pu avoir un clip vraiment intéressant. Puis vient le fameux moment des photos : bras dessus bras dessous avec une vingtaine de fans, de tout âge et de toute nationalité. Pas de blague ici, c’était vraiment un beau moment, sachant que le rappeur est loin d’être le clown insolent qu’il semble être via les réseaux.

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On est aux alentours de 17h-17h30, il est temps pour la princesse aux cheveux secs de retourner dans son carrosse. À ce moment-là on s’est rappelé de pourquoi on était venu à la base, alors notre photographe est monté avec lui pour prendre des photos en privé. Le feeling passe bien. Il nous invite à le suivre sur une autre étape du tournage, à Montmartre. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, on a poliment décliné, sans trop d’amertume – le programme de la journée était chargé, nous devions aller poser des questions à Eddy de Preto et Thomas N’Gijol. Kamoulox ter.

La journée était finie et la mission, on pensait, réussie. C’était sans compter sur le fait qu’il n’est jamais allé à Montmartre mais dans le 94, à Bry-sur-Marne, où il a tourné les meilleures images de son clip, avec un maillot du PSG, sur une voiture entouré de motos. Alors même si on n’a pas les plus belles images du making-off de « Aulos (Reloaded) » parce qu’on nous a menti sur la destination, on a quand même vécu une après-midi sympathique en compagnie du rappeur. Un grand merci à Vladimir Baranovsky et à l’équipe de Soldats Films qui ont produit et réalisé le clip, qui nous ont permis de rester dans les parages. Et un bravo à eux pour le rendu efficace de ce banger en puissance.

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