Le fruit de paix de Slim Lessio se croque deux fois

Le fruit de paix de Slim Lessio se croque deux fois

slim-lessio-interview-portrait-yard

Un an après son début d’éclosion avec Fruit de paix, le Belge Slim Lessio revient avec une version évolutive du projet, rebaptisée Fruit 2 paix, avec cinq nouveaux tracks. On a rencontré celui qui ouvert L’Olympia d’Hamza pour faire le point, parler de ses rêves et de l’amour des siens.

Photos : @antoine_sarl

Imaginons le rap comme étant un grand championnat de Formule 1. Si les départements de la capitale et les Bouches-du-Rhône en sont les grosses écuries depuis un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître, une petite écurie a fait de furieux bonds au classement depuis 2015. La Belgique, et ses rappeurs sur lesquels on a tant écrit depuis. Une écurie qui, en trois ans, a eu le temps de passer de nouveau phénomène à constructeur en place, à même de former de sérieuses jeunes pousses dans les championnats inférieurs, en vue de les faire courir à l’avenir dans la cour des grands. Et quelle ville plus idéale pour repérer ces jeunes pousses que les alentours du mythique circuit de Spa-Francorchamps ?

slim-lessio-interview-portrait-yard-1

C’est dans la Perle des Ardennes que se sont baladés en dénicheur de talent les mécanos chevronnés du crew de compositeurs Street Fabulous. Pour repérer et prendre sous leur aile un jeune pilote de kart qui commençait à faire des émules dans tout le Plat-Pays, début 2017. Slim Lessio, 19 ans à l’époque, clamait à tout le monde « Chui Bien » et s’imposait comme le premier membre d’une seconde vague belge, prête à marcher dans les pas des (déjà) pionniers Damso, Hamza et autres Caballero. Des premiers mois de travail auprès des compositeurs-stars du rap français époque Autopsie et Capitale du Crime, passés directeurs artistiques, desquels naissait une mixtape : Fruit de paix. Une balade aux influences atlantiennes joliment digérées, sur le synthé du si précieux Ponko, signé chez Street Fabulous mais plus jeune que les historiques du crew, qui a produit l’intégralité du projet.

Un projet réédité le 12 octobre dernier. L’idée de cette réédition ? Elle part d’un regret. « Les morceaux n’ont pas explosé autant que leur potentiel l’aurait permis, on se dit qu’ils auraient pu avoir plus de visibilité, et moi j’ai envie de les jouer en concert. J’ai envie que les gens les connaissent un peu mieux », nous a expliqué le rappeur. Alors, Slim Lessio et son équipe ont décidé d’enlever cinq morceaux de la version sortie un an en arrière, pour les remplacer par cinq morceaux différents. La crème du travail fourni en 2018 par celui « qui passe sa vie en studio », en somme. Une continuité artistique, que sa signature en début d’année chez Columbia n’a pas affecté. « Je suis toujours en production exécutive chez XIII (le label de Street Fabulous), je travaille toujours avec Kore aussi. » Un fonctionnement autour d’une équipe resserrée, garante d’une continuité artistique qui permet à cette réédition de s’inscrire dans une réelle continuité. Tout cela sous la bienveillance d’un manager qu’il partage avec Hamza. Le Bruxellois dont l’influence sur le travail de Slim Lessio est indéniable. « Hamza, je l’écoutais il y a 3-4 ans de ça déjà, il est trop fort. Ça inspire, et il me donne de la force en m’invitant en première partie de son Olympia. Et voir un Olympia complet, les gens chanter sa musique par cœur, ça inspire. Ça donne de la force, ça me donne envie de la lui rendre. »

Un fonctionnement resserré auprès de l’élite musicale belge, presque familial. Et quelle famille de choix, au demeurant. Ce qui n’est pas vraiment étonnant, venant d’un gars qui semble accorder beaucoup de valeur à l’amitié. Le jour de la sortie du projet, était dévoilé le clip du doucement mélancolique « Le monde est à nous », intro de la réédition. « Mon pote ne t’inquiètes pas, on va y arriver, mon pote ne t’inquiètes pas, on va y arriver comme dans une bande dessinée », clame-t-il au refrain. Alors, notre devoir de curiosité nous imposait de lui demander qui est ce pote ? Là où les rappeurs namedrop habituellement des artistes proches d’eux, lui nous explique « Réussir, ça veut dire que mes gars y arrivent aussi. C’est ce que je dis à mon gars Tiago. Mon pote, c’est lui, je le cite parce que c’est mon frangin de Spa. Et il ne fait rien de spécial en rapport avec le rap, mais on va y arriver. Comme dans une bande dessinée. Parce que dans les bandes dessinées, les films, souvent ils y arrivent. Alors notre vie à mes gars et moi, ça doit être comme dans une bande dessinée. » Une spontanéité emplie d’une dalle de jeune arrivant qui veut dévorer et faire croquer ce que le monde lui permet d’entrevoir comme promesse.

slim-lessio-interview-portrait-yard-2

Alors, lorsqu’on lui demande quoi lui souhaiter, il nous parle « de plus grosses dates, de plus grosse visibilité, mais avec [ses] gars, toujours ». C’est ça le principal pour lui : ses gars, sa famille et faire de la bonne musique. La parole est claire, le ton est affirmé. Et ça tombe bien, puisque les amoureux de musicalité made in Belgium risquent d’en redemander.

Send this to a friend